L’homme de droite et la culture

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Est-il nécessaire de se cultiver ? Quel rôle jouent la littérature, la peinture ou la musique dans la formation du patriote ? Comment se former, former les autres ? Nous le déplorons, « le niveau baisse » et les discussions politiques ont perdu le charme de ces débats envolés qui ont fait les belles heures de la vie civique en France. Discutons, ce soir, des « nécessités inévitables » et constatons la force de ce pléonasme.

 

Tour de table

« La culture n’est pas un luxe, c’est une nécessité. » Tel écrit Gao Xingjian, né le 4 janvier à Ganzhou en Chine, écrivain, dramaturge français, couronné en l’an 2000 du Prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Nous ne discuterons pas ici des qualités de l’œuvre d’un homme, mais prendrons appui sur son affirmation pour ouvrir le débat. L’idée fait spontanément consensus. Il est nécessaire de se cultiver, pour développer l’autonomie de l’individu dans tous les domaines de la connaissance (culture populaire, politique, scientifique, artistique, etc.) ; être pleinement citoyen, connaître les arts libéraux, former son esprit à l’intelligence, comprendre sa civilisation, sa tradition, observer et comprendre celles des autres, autant de nutriments pour les racines comme pour les feuilles de l’arbre patriote.

Ne nous laissons guère aveugler par les lumières d’un mot dévoyé. La culture serait l’ensemble des moyens mis en œuvre par l’homme pour augmenter ses connaissances, développer et améliorer les facultés de son esprit, notamment le jugement et le goût. Se cultiver apparaît comme la démarche de fructification des dons naturels qui permettent à l’homme de s’élever au-dessus de sa condition initiale, individuellement ou collectivement, pour parvenir à un état supérieur.

La culture désigne tout à la fois des contenus et une démarche pour alimenter la discipline du patriote et l’ascèse du réactionnaire, qui se doit à l’élévation pour mener le combat politique des temps présents. Lire, visiter les musées, aller au concert, discuter auprès des maîtres, s’informer et se former au contact d’artisans, tel doit être le programme de tout homme soucieux de préserver son intelligence des tentations paresseuses de l’oisiveté. Se cultiver, c’est connaître le monde qui nous entoure, se connaître soi-même : ainsi vient la sagesse et la solidité des convictions, quand celles-ci ne sont plus battues par les quatre vents du mensonge, de la fausseté, des sophismes et de l’illusion.

Trois piliers devraient soutenir la démarche culturelle de tout individu : l’école, le livre, l’expert. L’école donne à l’enfant, au long de son développement vers l’âge adulte, les outils pour l’accession aux savoirs. Hélas, nous déplorerons bien sûr la faillite d’un système scolaire qui ne sait plus ni d’où il vient, ni où il va. Le livre est un « trésor culturel » d’une valeur inestimable ; notons qu’il convient de distinguer le livre-objet des livres-œuvres, nul n’ira d’ailleurs que nombre de livres publiés usurpent le prestige historique de l’objet. Enfin l’expert est celui auprès de qui tout homme peut s’instruire et progresser vers des savoirs plus affinés, mieux affirmés – nous renvoyons nos lecteurs aux travaux de Lev Vygotski sur la zone proximale de développement. Comment inciter son prochain à se cultiver ? Comment donner le goût de la lecture, de l’étude ? Faut-il encourager à la dureté de l’ascèse, procéder par la séduction ? Cette dernière proposition aura suscité quelques oppositions, mais est-ce avilir la culture que de la rendre plaisante ?

Enfin, nous aurons à cœur de signaler que l’homme cultivé se distingue toujours, et pour le meilleur, malgré l’ambiance générale qui fait de l’imbécile un héros, de l’ignorant un modèle. En dépit de la réclame omniprésente en faveur de ces modèles, qui touche une jeunesse abrutie par la télévision ou les réseaux sociaux, il semble que l’expérience courante démontre qu’en société, un homme au moins doué des apparences d’une « bonne culture » sache toujours tirer son épingle du jeu. Est-ce à dire que l’hygiénisme ambiant touche également les perceptions qu’on a de la santé intellectuelle des individus qui nous entourent ? La question, complexe, ne sera pas tranchée ici mais nous devons y voir un encouragement à nous instruire toujours davantage, pour mieux rayonner parmi les nôtres.

 

La faillite de l’institution scolaire

L’école nous ment-elle ? Parmi les participants au débat, quelques-uns accusent l’école de former de jeunes adultes pétris d’idées anticléricales, ignares du passé global de la France et nourris des idéaux supposés ou fourvoyés de la Révolution française. L’école construirait cette vision monolithique et sans nuance d’un passé pour mieux les conditionner à l’acceptation du mondialisme, du vivre-ensemble. Or l’école prétend respecter un principe de neutralité axiologique, les apprentissages ne doivent jamais se troubler d’une couleur politique.

S’il paraît légitime d’enseigner les « valeurs de la République », puisqu’il s’agit d’un organe institutionnel de l’enseignement public, l’usage que certains professeurs des lycées font de leurs cours, pour les transformer en tribune politique, est hautement condamnable. Peut-être les jeunes patriotes devraient-ils songer à investir ce milieu pour inverser cette tendance et rendre à l’institution scolaire sa pleine neutralité. Comme futurs parents, ils auront à cœur de se cultiver et de s’armer contre ces dérives malheureuses.

Toutefois, il convient de reconnaître à l’école un rôle fondamental : elle est l’outil civilisateur par excellence, en France, le seul qui touche l’ensemble des Français sans distinction. La droite nationale aurait tort de considérer avec négligence cet outil mille fois nécessaires, puisqu’il est le lieu d’apprentissage des savoirs qui donneront accès à d’autres savoirs. L’école est même, pour de nombreux enfants, le seul point d’accès à la culture, à la connaissance, à ces nourritures spirituelles qui enrichissent l’individu et favorisent son épanouissement intellectuel et moral. D’autres institutions participent de ce projet, comme la religion. L’école est ce lieu où les enfants développeront les outils du jugement critique et du sens esthétique. Elle donne les outils de discrimination pour favoriser l’acquisition des savoirs ; la propagande inhérente à l’institution est pour l’heure regrettable, mais elle est un détail aisément subverti, pourvu qu’on prenne à bras le corps le problème.

Tout le monde semble d’accord pour considérer qu’à l’école, c’était mieux avant, que les élèves d’autrefois étaient plus efficaces, plus cultivés, plus intelligents, plus adaptés aux tâches scolaires, etc. C’est donc reconnaître que l’école d’autrefois offrait des contenus et des démarches suffisantes pour former des individus intelligents et capables : déterminer les moyens qui permettront de résorber la situation s’imposera à tout gouvernement de droite, quand il accédera aux responsabilités.

C’est là un enjeu de société et même de civilisation, puisque l’école est cette matrice qui forme le citoyen, cet espace où Condorcet rêvait de voir s’éveiller des esprits libres et éclairés : éclairés par l’instruction, libres de consentir à la promesse républicaine d’une France unie dans la poursuite du « souverain bien ». L’école de la IIIème république a su construire, entre 1890 et 1920, l’unité d’un peuple fracturé par les dissensions internes ; cette unité s’appuyait sur deux jambes, l’instruction et la patrie. Il paraît urgent d’y revenir.

 

Quel accès à la culture, à quelle culture ?

Bibliothèque, musée, salle de concert… les lieux d’accès à la culture ne manquent pas et sont bien connus de chacun. En dehors de l’école, il convient de toujours chercher à s’instruire davantage ; faisons déjà un sort à une idée saugrenue : ce discours n’a rien d’une trace de l’élitisme des gens de l’esprit contre les gens de la main. Cette opposition est ridicule dans un pays comme la France où les artisans ont été acclamés comme les écrivains, où les génies du travail manuel sont, encore aujourd’hui, couronné, dans l’esprit du public, d’un prestige comparable, parfois supérieur, au prestige qui entoure la figure de l’écrivain, du philosophe, etc.

Nous débattons sur Discord, nous fréquentons assidûment l’Internet, nous avons tous été confrontés à des contenus de vulgarisation – que nous définirons comme le fait de diffuser, auprès du grand public, des connaissances, des idées, et plus précisément le fait d’adapter des savoirs scientifiques ou techniques pour les rendre compréhensibles au non-spécialiste, en débarrassant le contenu de ses difficultés spécifiques, de ses caractéristiques techniques. Tel ouvrage de présentation général d’un sujet ne paraît pas poser de problème, puisqu’il introduit à une matière que le lecteur – ou le spectateur – pourra approfondir en suivant les indications bibliographiques fournies.

Les cours magistraux, l’école, les conférences sont autant de procédés de vulgarisation d’un sujet, d’un domaine. Sur la toile, toutefois, ce sont les vidéos qui nous auront, au cours du débat, intéressés le plus. Les vidéos YouTube sont-elles, pour la démarche culturelle, une catastrophe ? Cette vulgarisation ne prédestine-t-elle pas à la conduite anti-culturelle par excellence ? Qui trop embrasse, mal étreint. Sans même discuter la question du contenu des vidéos, nous aurons à cœur de dénoncer la pratique gourmande d’un public trop facilement conquis par la boulimie du visionnage. De nombreux témoignages auront été rapportés : trop souvent le spectateur se contente d’aller d’une vidéo à l’autre sans construire une vraie démarche d’appropriation des contenus. Après avoir vu quelques dizaines de minutes d’une vidéo sur la vie de Gengis Khan, que sais-je de ce conquérant mongol ?

L’observation doit conduire à la prudence : si la vidéo amène à d’autres vidéos, entraîne à une consommation passive et peu fructueuse, alors il est à craindre que ce procédé de vulgarisation n’enferme dans un format et n’entretienne l’illusion d’une démarche culturelle qui n’en est guère.

La vulgarisation efficace serait celle qui est un outil de pénétration dans les savoirs spécifiques ; comme produit d’appel, elle serait une nourriture progressive qui éveille la curiosité, titille l’appétit de connaissance et encourage la boucle vertueuse qui conduit l’individu à toujours guetter ces moments où il ne sera plus tout à fait le même, puisqu’il aura « grandi » parmi les savoirs, pour nourrir son esprit. L’exigence est donc la discipline. Que penser de ceux qui, par paresse, se tournent vers les contenus vulgarisateurs, se trouvant là une excuse ? Il en va des vidéos YouTube comme de l’ensemble des livres qui promettent fiévreusement que « savoir, c’est facile » !

Or, de la même façon que l’école démocratise l’accès au savoir et non le savoir lui-même, il faut interroger la responsabilité individuelle de chaque patriote qui se prétendrait docteur ès linguistique parce qu’il a vu une vidéo des sept minutes sur les préfixes privatifs. Que penser du spécialiste autoproclamé de l’histoire au XXème siècle qui se contente des vidéos de Nota Bene ? L’illusion est pourtant grossière. Ceux qui se retrancheront derrière la « culture générale » se trompe de débat ; l’imposture est de croire que le patriote qui se cultive peut se contenter des contenus qu’il ingère comme un consommateur béat. Nous entendons ici promouvoir une démarche, une discipline, une ascèse. De plus, quand donc le thuriféraire de la vulgarisation entre-t-il dans la spécialisation, quand pénètre-t-il la croûte des savoirs dont il ne goûte que les miettes ?

Il faut encourager la modestie et l’humilité, casser les codes de la dissidence. S’il était envisageable, au XIIIème siècle, de prétendre connaître l’intégralité des savoirs disponibles dans une sphère géographique donnée, c’est désormais impossible : à quoi bon chercher l’exhaustivité des connaissances générales, tel un gourmand de la pensée ? C’est une démarche qui n’est jamais que le pendant intellectuel de la paresse et qui témoigne d’un certain goût pour la facilité. C’est au contraire parce que deux patriotes s’obligeront à la discipline et au sérieux qu’ils pourront, en toute légitimité et en confiance, ensemble discuter des deux sujets qu’ils s’évertuent chacun à maîtriser. Nul ne le dira jamais assez, mais la démarche culturelle, à l’origine personnelle, s’accommode fort bien d’un lien social retissé, pour renouer avec le faisceau des communautés que l’atomisation consumériste a largement éclaté : famille, paroisse, village, Nation, etc. Participer à des cercles de lecture, par exemple, est un excellent exemple de cette dualité. Le libraire, de plus, n’est-il pas un personnage incroyable ?

 

Pourquoi initier cette démarche ?

S’agit-il de se cultiver pour émerveiller, passionner son auditoire ? Nous l’aurons entendu plusieurs fois, la « culture générale » est une huile sociale. Elle est aussi une nourriture faible et quiconque s’enfermerait dans la gloutonnerie, en la matière, manquerait l’enjeu de la démarche culturelle. C’est que la culture est avant tout une démarche d’observation réflexive. Que fait-on, devant les biens culturels ? Quelle attitude engage-t-on ? La récolte importe peu, c’est bien la « culture » qui est l’enjeu de la démarche. Connaître, savoir, c’est au-delà de la seule collecte de quelques noms, de quelques dates, de quelques formules qui n’ont, par eux-mêmes, qu’une utilité bien scolaire.

C’est certainement ce qui distinguera l’individu doué d’une « bonne culture générale » de l’individu doué d’une vraie culture : sur un même sujet, l’un sera capable de répéter, tel un perroquet, les éléments de savoir qu’il a mémorisés ; l’autre sera capable de les expliquer, de les mettre en réseau, de les transmettre. C’est là un point clef : la démarche culturelle n’est jamais indifférente à la question de la transmission et quiconque s’impose la discipline d’aller vers les biens culturels pour en tirer la substantifique moelle, dispose alors d’un panel de ressources pour transmettre et confier à ses pairs, à ses enfants, etc., les arguments pour nourrir le goût qui incitera à perpétuer la démarche.

Quel plus beau pays, pour le faire, que la France, où l’histoire et la culture se conjuguent dans l’amour de la patrie pour donner à voir les trésors culturels qui sont l’expression du génie d’un peuple vieux de mille ans et plus ?

Quiconque prétend qu’il n’a pas le temps de s’instruire se doit d’interroger son mode de vie. S’il est des impératifs excusables pour la mère et le père de famille, en revanche, l’étudiant moyen n’a pas d’excuses. L’humilité n’est pas la soumission et cette démarche doit supplanter la paresse oiseuse des loisirs permanents. Que fuit-on dans le divertissement à tout crin ? Ne se doit-on pas soi-même à l’excellence ? Celui qui s’appesantit, durant la soirée, sur une dizaine de vidéos YouTube, y va-t-il pour s’instruire ou pour se divertir ? Quelle attitude de spectateur adopte-t-il ? Prend-t-il des notes ? Se prescrit-il de futures lectures à mesure qu’une bibliographie lui est donnée ? L’approche doit être méthodique. Le nationaliste a le sentiment profond de son pays, il doit désirer en explorer les vertiges de grandeur, de richesse et de beauté, s’en montrer lui-même digne, et communiquer ce sentiment – il doit rayonner.

Aller vers l’information, est-ce s’informer, est-ce se cultiver ? C’est une première étape. Comme retrouver le goût de lire ? Faut-il se tourner, pour les plus réticents, vers le livre audio ? Nous ne saurions qu’inciter à la méfiance : la lecture engage des processus cognitifs que le livre audio laisse en déshérence. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Umberto Eco, mais nous encourageons tous les patriotes à lire Lector in fabula (1979) ; notons simplement que la lecture fait appel, autant qu’elle fait travailler, des compétences linguistiques, des compétences cognitives, des compétences culturelles. De plus, il convient d’interroger ce monde « problématique » où des mots comme « raison », « éducation », « vérité », « beauté », « bien », « culture », « œuvre », « valeur », « savoir », « transmission », qui tiraient leur force d’évidence d’une longue tradition intellectuelle, rigoureuse et logique, ne sont plus des « essences », mais des problèmes qui requièrent la « discussion éclairée ». Ces évidences, autrefois socle de toute la pensée, sont désormais des objets de la réflexion. Paul Ricoeur exprimait ainsi que la tâche de l’éducateur moderne serait de « préparer les gens à entrer dans cet univers problématique ».

Quelques-uns, ce soir, auront évoqué l’âme de l’homme et son besoin de mythes, de symboles, de spiritualité ; sans entrer dans le détail de ces évocations, nous aurons convenu que l’intentionnalité progressive du triomphe, de l’idéal et de la reconnaissance participe de la construction de la démarche culturelle de l’individu : le sujet se rattache à un inconscient collectif tel que l’art, se projette dans certains modèles pour combler sa psyché individuelle, compenser manques et pertes, frustrations et déceptions. Son imaginaire alimente sa « fantaisie créatrice » au gré des nourritures culturelles qui lui sont partagées. Le mythe apparaît en ce sens comme une dimension irrécusable de l’expérience humaine et la substance culturelle, comme la littérature, vient nourrir cette soif de valeurs symboliques. Nous trouvons chez Baudelaire ce désir excessif du triomphe quand il célèbre l’ivresse et l’art :

Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie,
― Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux !

Le vin du solitaire, Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire

La démarche se doit donc d’être toujours frappée au coin de la plus digne humilité. En ce qu’elle vient nourrir les fonctionnements individuels de l’imaginaire, la démarche culturelle de tout individu entraîne, de près ou de loin, selon Martine Xiberras, un processus d’héroïsation, puisqu’il s’agit de se faire héros contre la fatalité – de la maladie, de la mort, de sa propre tragédie ; il s’agit de s’approprier sa vie pour en être le plein acteur et non plus l’objet échappé. Cette éminence héroïque, qui n’aura pas été l’objet du débat, n’est autre que l’aspiration symbolique au dépassement de la monstruosité, en la combattant, pour accéder, de sa supériorité, au reste du monde.

C’est un objectif d’élévation que nous devons encourager, sans toujours en expliciter les ressorts intrinsèques, mais toujours en déployant la force de l’exemple. Les images ascensionnelles sont autant de repères que l’initié doit suivre pour s’ouvrir à la facilité des lectures, mais pas seulement, car la démarche culturelle dépasse le seul cadre du « livre ». Nous ne pourrons qu’encourager nos lecteurs à s’instruire du récit héroïque pour comprendre les fondements de l’héroïcité, afin de saisir par l’exemple ce que peut être une « éthique du héros ». Qu’est-ce qu’un héros, que devient-il en 2019, quelle est sa fonction politique ? Ces questions auront été soulevées sans être débattues.

Nous conclurons sur ce point : l’attitude, la posture du patriote à l’égard de la culture ne doit jamais être accidentelle, contingente, elle doit s’imposer comme un état d’esprit qui relèverait de la « seconde nature », elle doit être une vérité anthropologique de nature à le « discriminer », à le distinguer parmi les hommes. Le patriote enrichit son identité par la démarche culturelle, puisqu’elle le conduit à des tensions paroxystiques dont il triomphe et qui l’élèvent. Loin d’être une attitude de gourmande absorption, cette démarche est une logique diégétique de l’imagination, elle est un devenir et le socle d’une transmission. Une éthique de la culture est à chercher, peut-être, chez Cicéron : sapientia moderatrix artium, qu’en pensez-vous ?

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