La politique chinoise d’après-crise

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Certains événements font l’histoire, et marquent durablement le monde. Comme une singularité mathématique, la population raisonne en « avant » et en « après », et y associent une transition aussi surprenante que profonde. Il est devenu coutume d’y ranger les guerres mondiales, les crises de 1929 et de 2008 ou le choc pétrolier de 1973, et la crise sanitaire causée par le mystérieux SARS-CoV-2 depuis le début de l’année est indubitablement de cette espèce. Le bouleversement économique, politique, social et même militaire est mondial, et restera gravé dans les mémoires. La volatilité atteint un record, et peu osent émettre une opinion tranchée tant les certitudes volent en éclat. C’est ainsi une prudence exemplaire qui m’accompagne en affirmant que des principaux bénéficiaires de la situation se trouve la Chine. Elle n’échappe et n’échappera pas entièrement aux conséquences négatives notables de l’épidémie qui a vraisemblablement démarré en son sein. Les principaux indicateurs économiques démontrent une récession au moins trimestrielle, la consommation a baissé, la production industrielle chute et les mesures de confiance telles que l’indice PMI confirment le même sentiment pessimiste. Si les analystes abaissent tous leur prévision de croissance annuelle à des niveaux historiquement bas, jusqu’à 1.8 %[1], tout n’est pas noir pour Beijing dans le chaos ambiant, et un gouvernement adroit tirera un fantastique profit de la situation.

D’aucuns pensent que les chaînes d’approvisionnement mondiales ne pourraient pas survivre, et que l’attractivité financière de cette structure va disparaître dans le futur à la suite de relocalisation. Bien que le ministère du commerce chinois déclare ainsi n’avoir enregistré aucun exode important de capitaux étrangers, les données officielles montrent une baisse de 10.8 % des investissements directs étrangers durant le premier trimestre par rapport à l’année précédente[2]. En dépit de cette situation, la structure des échanges internationaux est bien trop solide et profitable pour changer aussi vite, et les capitaux affluent déjà dans certaines industries spécifiques comme l’électronique ou les biotechnologies. La Chine semble à plusieurs titres en mesure de tenir un rôle très avantageux des circonstances particulières. La première raison est un simple exercice de chronologie. Le premier pays qui rentre dans la tourmente a de bonnes chances d’être aussi le premier à en sortir, et la levée symbolique du confinement à Wuhan le 8 avril, immortalisée par une émission de timbre et relayée par la presse en grandes pompes, en témoigne. Même si le risque d’une deuxième vague ne peut pas être exclu et si la population ne dormira pas sur ses deux oreilles tant qu’un vaccin ou un traitement efficace arrivent sur le marché, la Chine demeure le candidat le plus plausible pour une reprise industrielle et économique pérenne. Parmi les nombreux facteurs qui permettent de le penser, la question énergétique est à la fois discrète et cependant significative. L’état des lieux est pour le moins inhabituel ; une puissance industrielle et gourmande comme la Chine se retrouve seule à reprendre lentement son activité alors que le reste du monde, et notamment les puissances occidentales, se retrouvent paralysées et serrent les dents en attendant la fin de l’épidémie.

Cette indisponibilité crée une situation intéressante pour la Chine. Bien que lui-même un important acteur pétrolier, le pays reste le premier importateur mondial[3], loin devant les États-Unis, et compte comme le Japon et les économies européennes parmi les bénéficiaires de cours bas. La Chine saisira l’occasion offerte tant par les turbulences économiques des nations confrontées à l’épidémie que de l’effondrement des prix pour conclure des accords stratégiques à long terme avec les principaux fournisseurs de pétrole à des conditions extrêmement avantageuses, en particulier au Proche-Orient. La stratégie chinoise souvent employée notamment dans le cadre de son programme de nouvelle route de la soie consiste à approcher des économies émergentes et proposer un emprunt intéressant à un taux attractif. Les ressources abondantes apportées par la Chine permettent de construire de nouvelles infrastructures locales, généralement grâce à des entreprises et du personnel chinois, ce qui amortit la charge du prêt concédé tout en recueillant les faveurs de l’hôte concerné. La population profite de services de qualité et de nouveaux emplois, ce qui arrange à son tour le gouvernement qui récolte au passage de nouvelles recettes fiscales. Cette nouvelle influence et un endettement parfois très élevé permettent à la Chine, dans un troisième temps, de demander un traitement préférentiel, comme des remises sur l’achat de matières premières, l’utilisation de routes ou voies ferrées, ou bien encore l’utilisation, voire la concession d’infrastructures portuaires internationales. La Chine profite de la crise sanitaire actuelle pour accélérer cette tactique dans la conquête des principales ressources pétrolières en Irak et en Iran, et dans une moindre mesure à Oman. Pour ne pas alerter les États-Unis, elle recourt une astuce également employée par la Russie. Des entreprises mineures négocient des contrats locaux pour des tâches spécifiques, telles que le remplacement de pièces, le forage ou la maintenance d’un puits existant. Cette activité limitée à une ou deux tâches n’attire pas l’attention et peut ne pas être divulgué par le gouvernement, passant sous le radar des puissances occidentales.

L’une de ces compagnies chinoises, CPECC, discret bourgeon de CNPC, le deuxième plus important groupe pétrolier chinois, s’est vu accorder un contrat de forage et d’exploitation pour Majnoon[4], un important champ pétrolifère irakien situé à soixante kilomètres au nord-est du terminal portuaire de Bassorah. Majnoon porte bien son nom[5] et renfermerait 38,000,000,000 bbl, une des plus vastes réserves au monde. Découvert en 1975, il est resté largement inexploité du fait de sa proximité avec l’Iran et de l’instabilité de la région. Le contrat de 188,250,000 EUR porte sur la construction de nouvelles infrastructures et a été négocié à des conditions hautement avantageuse pour la Chine. Elle a le choix de payer le baril au cours moyen soit sur six mois, soit sur dix-huit mois, et a une ristourne de 10 % pendant cinq ans sur le pétrole extrait. Un contrat similaire de 109,795,000 EUR a été octroyé le 26 novembre 2019[6] à la même société pour l’exploitation du champ West Qurna, qui renferme 43,000,000,000 bbl. La Chine a utilisé la même technique pour entrer sur marché iranien, en utilisant une coquille iranienne en façade qui sous-traite par la suite chaque activité à des compagnies chinoises inconnues mais toutes contrôlées ultimement par un géant du secteur. Le fait de ne jamais se déclarer comme principale société d’exploitation des zones concernées a permis aux entreprises chinoises de déplacer via leurs filières transfrontalières du pétrole iranien en Irak, et de le vendre comme du brut irakien au mépris des sanctions internationales. South Pars, la plus importante réserve de gaz naturel au monde, partagée entre les eaux territoriales qatari et iraniennes, est dans la même situation. Officiellement exploitée par une société iranienne et délaissée par la Chine et la Russie qui avaient conclu un accord de développement en 2016, des capitaux, de l’équipement et du personnel chinois permettent la poursuite des travaux via de petites structures en sous-traitance. Dans la ville frontalière de Mehran, située dans la province d’Ilam à l’ouest, le champ pétrolier iranien Azar suit la même trajectoire. La Chine contribue à la modernisation des infrastructures, comme la ligne à grande vitesse Téhéran-Qom-Ispahan, et compte en tirer pleinement profit dès qu’un affaiblissement politique aux États-Unis lui permet d’accélérer l’exploitation des principales réserves gazières et pétrolières, South Pars, Azadegan (33,200,000,000 bbl) et Yaran (1,600,000,000 bbl).

Cette région est particulièrement sensible pour le gouvernement chinois car en plus de sécuriser un accès aux hydrocarbures nécessaires à son développement domestique et industriel, elle joue un rôle dans la nouvelle route de la soie. L’Iran, l’Irak, la Turquie et la Syrie forment une des deux principales routes terrestres en dehors de la Russie, et le détroit de Bab-el-Mandeb est l’une des voies de navigation les plus fréquentées au monde. La tension est exacerbée par la dominance historique des États-Unis et du Royaume-Uni au Proche-Orient. De la sorte, les industries chinoises et le gouvernement approchent aussi des économies arabes avancées, tout en augmentant sa présence militaire depuis 2008, sous couvert de lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden et au large de la Somalie. En proposant un nouveau marché pour écouler leur production et circonscrire le risque politique inhérent à leur clientèle européenne et américaine, la Chine se présente comme un acteur neutre capable de dialoguer tantôt avec Riyadh, tantôt avec Téhéran sans jamais arrêter une ligne exclusive. Ainsi au-delà de son engagement en Iran, CNPC s’est engagé dans l’exploitation de la plate-forme maritime Bu Haseer 2 à Abou Dhabi, un partenariat que la compagnie publique aboudabienne a décrit elle-même comme le reflet de l’importance qu’elle accorde à la Chine[7]. Sinopec, le deuxième groupe pétrolier mondial, s’est signalé au début du mois en aidant le gouvernement koweïtien à transformer la raffinerie de al Zour en hôpital de campagne face à l’épidémie et en ouvrant en urgence deux chaînes de production de masques chirurgicaux et FFP2. Les pays du Golfe qui subissent la crise sanitaire et la crise pétrolière, face aux recettes fiscales en berne et à l’asséchement des fonds souverains, annulent ou suspendent leurs projets de développement et se tournent graduellement vers l’endettement pour survivre. Le Qatar a ouvert la porte en levant 9,182,000,000 EUR, et sera probablement suivi par Oman, le Koweït et Bahreïn, les monarchies les plus vulnérables et fiscalement instables de la région. Cette situation exceptionnelle pour des économies souvent considérées comme industrialisées et développées ouvre la porte à une diplomatie plus agressive de la part de la Chine.

L’environnement économique exceptionnellement favorable aux acheteurs est aussi une opportunité de constituer des réserves stratégiques, où que ce soit dans le monde. Le président des États-Unis Donald Trump l’a parfaitement compris et s’est dit ouvert[8] à la constitution de réserves exceptionnelles durant une conférence de presse le 20 avril[9]. La Chine a elle un retard considérable, ne disposant en 2014 que de 200,000,000 bbl de réserves, et souhaite en 2020 s’assurer quatre-vingt-trois jours de consommation, soit une quantité de 1,150,000,000 bbl. Unipec, la division de courtage du géant Sinopec, a passé au mois de mars une commande historique auprès de la Russie dans ce but[10]. Les raffineries chinoises décrochent des marges exceptionnelles auprès des fournisseurs russe, canadien, américain et brésilien, avec un rabais allant de 5.5 USD/bbl à 9 USD/bbl selon le produit[11], et selon OilX, les raffineries chinoises tournent davantage que les raffineries américaines pour la première fois de l’histoire. L’Inde, un autre grand importateur en lequel les groupes pétroliers plaçaient leurs espoirs pour consommer ce surplus, s’est révélé décevant à cause du confinement décrété au mois de mars ayant paralysé l’activité et anéanti la demande des secteurs les plus oléophages comme le transport. La chute de la demande estimée à 60 % en avril et la saturation de ses réserves à plus de 95 % referment la piste d’un secours indien. Bien que cette dynamique exclusivement chinoise inquiète à juste titre les puissances occidentales, la reconstitution de leurs réserves pétrolières contribuera paradoxalement à la liquidation de l’excès de pétrole qui engorge le système et menace la survie de l’industrie pétrolière. Les réserves de Cushing, une bourgade en Oklahoma qui sert de lieu de retrait pour le pétrole négocié virtuellement à New York, étaient pleines à 77 %[12], et pourraient être totalement saturées au mois de mai. Cet engorgement a précipité la chute de la variété de référence américaine, le West Texas Intermediate, dans le territoire négatif en milieu de mois pour la première fois de l’histoire. La situation est si sombre que Energy Transfer, un opérateur pétrolier, a demandé au Texas l’autorisation de convertir deux oléoducs en tankers provisoires de 2,000,000 bbl[13]. Dans ces circonstances, l’appétit chinois apparaît comme une pilule amère à avaler mais nécessaire.

La situation n’est toutefois pas évidente pour la Chine, ni pour ses entreprises pétrolières ; comme je l’ai évoqué, la Chine n’est pas seulement un importateur net mais également un important producteur, et un fournisseur de taille pour les économies asiatiques en voie de développement. De plus, un accord historique conclu entre les monarchies pétrolières, la Russie et les États-Unis prévoit une baisse coordonnée de la production pour endiguer l’effondrement des prix. L’accord qui vise à retirer à partir du 1 mai 9,700,000 bbl/j doit éteindre en principe la brèche ouverte le 6 mars 2020, quand la fin de l’entente entre Moscou et Riyadh a envoyé une onde de choc sur le marché pétrolier et, par extension, l’ensemble des places boursières de la planète[14]. D’aucuns jugent que la baisse n’est pas assez forte, mais une autre question est soulevée au regard de ces données : que doit faire la Chine ? L’accord historique verra une coordination inédite entre pratiquement tous les producteurs, y compris les États-Unis, mais l’incertitude plane quant à la politique de Beijing, cinquième producteur mondial en 2015. Suivre le mot d’ordre fera mécaniquement remonter les prix au cours des mois qui suivent, une situation qui ne favorisera pas les acheteurs, tandis que s’inscrire en dissident menace la survie du système, la réputation de la Chine et la stabilité financière de ses propres industries pétrolières. CNOOC, le troisième géant du pays, a taillé 10 % à 15 % de son budget pour le développement[15] et a invoqué la force majeure, une clause très rarement utilisée, pour refuser la livraison de gaz naturel liquéfié commandé à Total[16]. PetroChina, la branche cotée de CNPC et le principal importateur de gaz naturel du pays, a déclaré une baisse des bénéfices de 13.9 % en 2019 et annulé de nombreux contrats avec le Qatar et l’Australie[17]. Le risque de sanction énergétique posé en 2018 par les États-Unis lors de la résolution du différend commercial pousse toutefois le gouvernement chinois à faire de l’autonomie une priorité de premier ordre, et la consigne de poursuivre le développement de la production domestique a été donnée[18]. La décision est particulièrement coûteuse pour le secteur pétrolier, les puits chinois sont souvent vieux et coûteux à exploiter, avec un seuil moyen de profitabilité à 41 USD/bbl, contre 13 USD/bbl pour le brut saoudien ou 11 USD/bbl pour le brut irakien. Le gouvernement voit également dans ces instructions un moyen de dynamiser l’économie et l’emploi, au risque de se mettre en marge du concert international. L’ordre semble avoir été entendu par CNOOC, dont la production dans la baie de Bohai a augmenté de 6 % malgré la crise[19].

Ces considérations mettent en évidence la volonté du gouvernement chinois d’accélérer la transition économique entreprise bien avant l’émergence du coronavirus SARS-CoV-2. Le plan de relance chinois en matière d’infrastructures développe des mesures déjà mises en œuvre comme au relèvement du quota d’émission de dettes municipales, qui devrait atteindre 400,000,000,000 EUR en 2020. Ces obligations locales émises à la discrétion des fonctionnaires provinciaux doivent strictement financer des infrastructures précises, et particulièrement la création de nouvelles zones résidentielles, un secteur où le recrutement est important et sur lequel mise le gouvernement pour endiguer la hausse du chômage. Cette activité contribuera à alimenter la demande en pétrole et en carburant, ce qui devrait éviter aux raffineries la saturation de leurs réserves. Loin de se limiter à la simple réponse économique, le gouvernement procède à des réformes institutionnelles critiques[20], use de l’immobilité de ses adversaires pour avancer ses pièces et maintient son entreprise d’influence à l’étranger. La faculté d’adaptation de la Chine à une situation sanitaire dramatique, qui tire profit du chaos énergétique, consolide sa souveraineté et instrumentalise même le problème de la pénurie de matériel médical dans un but diplomatique[21], montre à nouveau toute l’utilité pour le gouvernement français de renouer avec la notion d’État-stratège, et de pratiquer une véritable politique économique, industrielle et diplomatique intégrée et cohérente.

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[1] Li, Cynthia. China’s 2020 Economic Growth Seen Sliding Below 2% in Survey. Bloomberg, 24 avril 2020.

[2] Xu, Nadeem. Foreign Investment in China down 10.8% in First Quarter. Asia Times Financial, 16 avril 2020.

[3] Selon le département américain de l’énergie, la Chine importait 10,100,000 bbl/j pour une consommation domestique de 15,500,000 bbl/j en 2019.

[4] China’s CPECC Wins $204 Mln Majnoon Contract in Iraq. Reuters, 23 mars 2020.

[5] Le mot majnūn (مجنون) signifie « fou, insensé » en arabe, en référence à la taille des réserves.

[6] China’s CPECC Wins $121 Mln West Qurna-1 Contract from Iraq. Reuters, 26 novembre 2019.

[7] Sertin, Carla. ADNOC’s Al Dhafra Petroleum Joint Venture Produces First Oil from Haliba Field. Oil&Gas Middle East, 3 juillet 2019.

[8] « Based on the record low price of oil […] we’re filling up our national petroleum reserves, strategic reserves and we are looking to put as much as 75,000,000 bbl into the reserves themselves that would top it out, that would be the first time in a long time it’s been topped out and we’d get it at the right price […] this is a great time to buy oil. »

[9] Grandoni, Dino. Trump Weighs Options to Help Oil Companies after Prices Go Negative. The Washington Post, 21 avril 2020.

[10] Yagova, Olga et Gleb Gorodyankin. China Buys Record Volume of Russian Oil as European Demand Dives. Reuters, 25 mars 2020.

[11] Cheong, Serene et Alfred Cang. Chinese Oil Refiners Snapping Up Bargains as Activity Resumes. Bloomberg, 17 avril 2020.

[12] Meredith, Sam. The Hunt for Oil Storage Space Is On. CNBC, 22 avril 2020.

[13] Bridges, Eunice. Energy Transfer Weighs Crude Storage in Idle Pipelines. Argus, 23 avril 2020.

[14] La guerre du pétrole. Relève de France, 9 mars 2020.

[15] Xu, Muyu et Aizhu Chen. China’s CNOOC Group to Trim 2020 Investment by up to 15%. Reuters, 8 avril 2020.

[16] Stapczynski, Stephen. China Reneges on Commodity Deals, Worsens Global Trade Chaos. Bloomberg, 7 février 2020.

[17] PetroChina to Seek Price Talks with Gas Suppliers as Coronavirus Hits. CNBC, 26 mars 2020.

[18] Murtaugh, Dan et Jing Yang. Xi Ordered China’s Oil Industry to Drill, Then the Crash Came. Bloomberg, 12 mars 2020.

[19] Wei, Xu. China’s Largest Offshore Oilfield Lifts Output Almost 6% Amid Covid-19 Price Slump. Yicai, 22 avril 2020.

[20] Le syndrome chinois. Relève de France, 28 mars 2020.

[21] Garrison, Cassandra. With U.S. Hit by Virus, China Courts Latin America with Medical Diplomacy. Reuters, 26 mars 2020

 

 

 

 

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