La tolérance

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D’après la 8e édition du dictionnaire de l’Académie française, la définition de la tolérance est la
suivante.

Condescendance, indulgence, action de supporter ce qu’on ne peut empêcher ou qu’on croit ne devoir pas empêcher.

Un peu d’étymologie est nécessaire pour en comprendre la signification, allons à la racine, c’est sous celle-ci que nous trouverons le sens primordial. Le mot tolérance vient du latin classique tolerantia, « capacité à supporter », ou tolerate, « supporter ».

Cela nous révèle la vraie nature du camp idéologique qui nous encourage à faire preuve de tolérance. Nous avons conscience qu’ils ont diverses opinions, mais ils se rassemblent derrière cette valeur. Ces nouveaux moralisateurs nous enjoignent à supporter des personnes aux mœurs qui peuvent être aux mieux différentes, aux pires antagonistes des nôtres.

Ces mêmes moralisateurs ne les côtoient pas, n’habitant pas aux mêmes endroits. Car il faut aussi s’intéresser à la catégorie sociale qu’occupent ceux qui nous exhortent à la tolérance. Ce sont pour la plupart du temps des journalistes, éditorialistes qui ont une place dans les grands médias, que cela soit à la radio ou dans la presse écrite. Ces personnes habitent généralement la capitale et ont des salaires qui leur permettent d’occuper des quartiers réservés aux hauts revenus. Ils ne croisent donc pas ou peu leurs protégés.

Ils appartiennent à la partie médiatique, sans doute la partie la plus puissante de notre société contemporaine en ce sens qu’elle définit le référentiel moral dans lequel nous plaçons les curseurs de « bien » et de « mal ». Déjà Bernanos dans La France contre les robots nous demandait de nous méfier des médias, ces fameuses « machines d’informations » nous bourrant le crâne.

Aujourd’hui, la mode est à l’accueil des migrants économiques ou des réfugiés qui fuient la guerre, il y a bien une distinction à faire entre les deux. La raison du départ n’est absolument pas la même. La tendance est à la tolérance de communautés grandissantes dont on ne peut changer beaucoup de mœurs. La plupart des membres de ces communautés arrivent à l’âge adulte et ne peuvent donc que difficilement s’adapter.

Il y a deux visions à aborder, d’un côté nous avons l’État comptable. Selon ce dernier tant que les personnes remplissent les postes et les métiers qui ont du mal à être pourvus, tant qu’elles paient des impôts. Alors cela ne pose pas de problème qu’elles ne soient pas intégrées culturellement. Puisque leur intégration économique, leur participation à l’économie nationale est faite.

De l’autre côté, nous avons les journalistes et autres prescripteurs de morale pour qui demander à ces nouveaux venus de changer de mœurs ou de culture n’est pas acceptable. En effet, cela serait raciste dans un contexte multiculturel et de promotion de la diversité. La communautarisation des nouveaux venus n’est pas un mal en soi puisque ces mêmes journalistes appartiennent à une idéologie qui s’amuse à ranger les individus dans des cases. Ils encouragent ainsi au repli communautaire et finalement mènent à l’exclusion de leurs protégés par les locaux.

Cette caste médiatique travaille souvent dans des entreprises à majorité blanche, comme le prouvent les photos de rédaction telles que Médiapart, Numérama, Libération ou autres. Ces journalistes veulent faire acte de vertu en nous appelant à supporter des personnes différentes qui ne veulent pas devenir Françaises. Ils sont finalement tombés dans le concours de recherche de la vertu. À l’instar des gens qui se prennent en vidéos en donnant à manger à des SDF, eux nous bombardent d’articles qui nous invitent à accueillir toute la misère de la Terre. À accepter ces personnes aux cultures différentes qui n’auraient même pas besoin de s’adapter.

La plupart des Français qui nous appellent à faire ce genre de choses copient la gauche américaine sans même essayer d’adapter le modèle communautariste, voire victimaire, à notre modèle de société. Sans même essayer d’adapter le discours. Nous ne sommes pas dans une société qui reconnaît les communautés, ou du moins les institutions ne le devraient pas. Nous n’avons pas la même histoire, nous n’avons jamais eu d’esclavage sur notre sol métropolitain. Les personnes d’origines extraeuropéennes ou descendants de celles-ci ne sont pas là depuis des centaines d’années. Il n’y a jamais eu de politique ségrégationniste en France métropolitaine.

Que l’on aime ou non la République, qui d’ailleurs n’est pas la France, mais un régime politique de plus qu’aura connu notre Nation dans sa longue histoire, elle inscrit dans sa constitution que :

  • Article 1 : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.
  • Article 2 : La langue de la République est le français. L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L’hymne national est la « Marseillaise ». La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Son principe est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Voilà ce que le régime dans lequel nous vivons annonce au début de sa constitution, voici les premiers principes que notre gouvernement devrait appliquer. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. On peut contester la pertinence de cet article à l’heure où le gouvernement ne fait plus ce travail d’assimilation et d’intégration. On peut aussi les contester en admettant que l’on ne reconnaisse pas la République, mais le fait est que c’est le régime qui nous est imposé, c’est celui qui écrit nos lois et qui les fait respecter par toutes les méthodes coercitives qui lui sont données, c’est lui qui impose les programmes scolaires qui façonnent l’éducation de nos enfants.

Ces personnes qui nous appellent à être tolérants sont finalement antirépublicaines, elles ont oublié que nous vivons dans un modèle universaliste. Modèle que l’on peut critiquer, car il a permis de justifier la colonisation sous la IIIe République et il a aussi justifié la disparition de nos langues régionales au profit du français. Mais ce modèle a le mérite de nous proposer une unification du peuple derrière des principes immuables ou du moins que l’on considère comme tel. Il a permis à la République de substituer le rassemblement du peuple autour du Roi au rassemblement du peuple autour de la République.

Par exemple, nous avons des symboles qui aujourd’hui unissent de l’extrême droite à l’extrême gauche comme la Marseillaise ou le drapeau bleu-blanc-rouge. Chose qui était impensable encore au XIXe siècle. Il y avait alors une fraction de l’extrême droite que l’on appelle les « Chevau-légers », défenseurs d’Henri d’Artois prétendant légitimiste au trône de France. Ce dernier, malgré le fait qu’il put réunir légitimistes et orléanistes à sa cause, ne retrouva pas son trône par refus du drapeau tricolore. De l’autre côté, des insurgés de 1848 aux communards de 1871, tous avaient comme signe de ralliement le drapeau rouge et non celui que nous connaissons.

Il nous faut maintenant parler plus profondément d’une œuvre majeure qui traite de cette valeur, elle a été écrite par Voltaire, le traité sur la Tolérance. Ce texte a été écrit à la suite de l’affaire Jean Calas, il s’inscrit donc dans un contexte de tension religieuse entre catholiques et protestants. D’autant plus que la 4e de couverture de l’édition Librio présente le texte comme une « Dénonciation du fanatisme et de la superstition, ce traité publié en 1763 est un vibrant appel à la tolérance et à la liberté de pensée, plus que jamais d’actualité ». D’emblée on perçoit la pensée de la personne qui a rédigé le 4e de couverture, d’autant plus que l’édition à notre disposition date de 2017, il faudrait combattre les intolérants. Alors, combattons les intolérants en regardant de plus près ce que nous propose Sieur Voltaire.

Au contraire du modèle anglo-saxon, communautariste, notre modèle oblige à rentrer dans un moule qui se veut universel, mais qui standardise le citoyen. Nous devons tous parler la même langue, ce que beaucoup ne font pas une fois rentrés à la maison. Nous devons tous avoir les mêmes valeurs « laïques » ou sécularisées. Bien entendu une préférence pour la religion historique serait préférable, mais c’est un avis personnel.

On peut trouver que l’idée de Voltaire est assez libérale : tant que personne ne trouble l’ordre public, il peut avoir la religion qu’il veut. Il peut être dans la communauté qu’il veut. Bien entendu il ne définit pas ce qu’est l’ordre public, ce qui donne libre cours à l’interprétation.

Voltaire ne propose aucunement une définition de la tolérance, vue comme vertu, dans son traité, et c’est d’ailleurs là que le bât blesse. Il nous donne une injonction, il faut faire preuve de tolérance sans une fois nous dire ce qu’il entend par là. On comprend que ce qu’il voudrait c’est que le catholique supporte le juif qui supporte le luthérien tout cela dans une bonne ambiance, dans un « vivre ensemble ». Que ne recommencent pas des guerres de religion, qui ont profondément marqué les esprits. Il admet même que les personnes appartenant à la religion principale peuvent avoir des charges (fonctions) qui leur soient réservées. Il tente de nous montrer que la tolérance est quelque chose de bon et de bien en utilisant les deux grandes références pour les humanistes et les « Lumières » : Rome et Athènes.

On décèle même une pensée, un cheminement, qui nous est bien connu aujourd’hui, la détestation de soi et la remise en cause, la déconstruction. Il accuse les catholiques, et lui-même, car il utilise le « nous », d’avoir été « persécuteurs, bourreaux, assassins ! ». L’extrait complet est assez édifiant, on retrouve dedans toute la détestation de l’Occident et de notre histoire que l’on peut apercevoir chez certains aujourd’hui :

Je le dis avec horreur, mais avec vérité : c’est nous, chrétiens, c’est nous qui avons été persécuteurs, bourreaux, assassins ! Et de qui ? De nos frères. C’est nous qui avons détruit cent villes, le crucifix ou la Bible à la main, et qui n’avons cessé de répandre le sang et d’allumer les bûchers, depuis le règne de Constantin jusqu’aux fureurs des cannibales qui habitaient les Cévennes : fureurs qui, grâce au ciel, ne subsistent plus aujourd’hui.

On retrouve beaucoup de choses, l’essentialisation d’une communauté religieuse, la faute qui serait héréditaire/filiale — qui d’une certaine manière est assez catholique dans l’idée —, l’autoflagellation dans l’idée de faire pénitence — encore très catholique —. Finalement n’est-ce pas ce bon vieux Voltaire qui en essayant de nous convaincre d’être tolérant fait preuve d’intolérance pour les siens ? Il est flagrant que la tolérance amène à supporter quelque chose, à savoir ce que nos contemporains appellent une « charge mentale », un poids, une responsabilité qui nécessite de faire pénitence.

Allons plus loin, la France n’a pas été déchristianisée, la religion n’en a pas été retirée, mais on nous en a donné une version sans Dieu, sans métaphysique à travers la morale laïque instituée sous la IIIe République. De Voltaire aux moralistes d’aujourd’hui il y a quelque chose de clair. À l’instar du péché originel qui est en chacun d’entre nous, qui se transmet de génération en génération, qui fait peser la faute sur l’humanité passée, présente et en devenir. Les tolérants d’aujourd’hui ont aussi leur péché originel. Ou plutôt leurs péchés. Nous pouvons remarquer qu’ils sont les premiers à parler d’esclavage, de colonisation, comme si ces crimes que l’on considère « contre l’humanité » étaient le fait des Occidentaux actuels. Comme si ces crimes entachaient aussi les Européens, peu importe que leurs ancêtres y aient participé ou non. Le simple fait d’être Occidentaux les rend coupables.

Les Français entendent bien souvent une rengaine comme quoi la métropole se serait enrichie avec la colonisation. Selon Jacques Marseille, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, la France achetait les produits coloniaux au-dessus des prix mondiaux. L’État faisait aussi des investissements lourds comme des chemins de fers et en concédait l’exploitation à des compagnies privées qui s’enrichissaient. C’est surtout le capitalisme français qui en profita, non l’État.

Nous nous souvenons du président Emmanuel Macron interpellé en Algérie par un jeune lui parlant de la colonisation et des crimes de la France. Là-dessus, il faut avoir une position claire, quand on aime son pays, sa Nation, il faut accepter son passé. J’entends par là que quand on se dit Français, de la Saint-Barthélemy au massacre des Vendéens en passant par l’épopée Napoléonienne marchant sur toute l’Europe continentale, on se doit de tout prendre. On ne peut pas faire le tri de notre Histoire comme on fait celui des fruits au marché, l’héritage qui est le nôtre peut être entaché de mille histoires sordides, de mille crimes imprescriptibles, la simple évocation de Saint-Louis, des bâtisseurs de cathédrale, de Sainte Jeanne d’Arc, des poilus, de tous ces héros et héroïne oubliés qui firent la France permet de redorer le blason d’un pays bien souvent méprisé, calomnié par ses habitants mêmes !

Finalement ce texte ne nous apprend pas grand-chose sur la tolérance et il est empli de « moraline » dans le sens où il exhorte les catholiques à accepter les autres confessions. Dit de manière plus contemporaine il nous apprend que les dominés doivent supporter les minorités. Mais il faut bien comprendre que la tolérance est un acte désagréable et que dès l’origine ce mot a été pensé comme un acte venant des dominants vers les minorités, l’utilisation de ce type de vocabulaire est voulue. C’est assez amusant que cela soit des personnes de gauche qui nous appelle à la tolérance. Il y a sans doute des restes des pensées de Jules Ferry chez eux. C’est un acte condescendant, méprisant et négatif pour les deux parties.

Nous appeler à la tolérance c’est finalement renier ce que la France est. Chaque personne qui veut obtenir la nationalité française se doit de parler français, d’assimiler une culture française et de suivre des principes que nous partageons. Un principe fondamental est que les lois de la République s’appliquent partout sur le territoire et sont au-dessus de n’importe quelles autres lois. La religion est une question personnelle qui ne regarde que les personnes concernées, dans la pensée laïque qui est celle de la France actuelle. C’est en tout cas ce qui devrait être appliqué sur notre territoire.

Concernant les personnes que nous devrions supporter, il est anormal qu’elles ne parlent pas français et qu’il ne leur vienne pas à l’esprit de s’adapter à la culture locale. Car oui il y a une culture française et l’on peut même dire « des » puisqu’il reste des particularismes locaux.

Il y a bien entendu une explication qui vient de nos gouvernants. À une époque il fut très facile de construire des quartiers à l’allure rappelant certains pays collectivistes et à y entasser un maximum de nouveaux arrivants. Ceux-là participèrent à la reconstruction du pays ainsi qu’aux « trente glorieuses » en même temps que nos aïeux. Mais aujourd’hui il n’en est plus, cela s’est transformé en endroits de délabrement où chômage et insécurité progressent. Il suffit de voir une des zones les plus touchées par l’épidémie de COVID-19, la Seine Saint-Denis, le département où se concentrent le plus d’étrangers. Selon Michel Tribalat, chercheur à l’INED (institut national d’études démographiques), en 2011, 60.5 % des jeunes de moins de dix-huit ans étaient d’origine étrangère dans ce département. Ce même département où l’État a débloqué des fonds pour donner une aide alimentaire aux habitants, ceux-ci ne pouvant plus nourrir leurs enfants.

Nous pouvons émettre l’hypothèse qu’une population d’origine étrangère qui se sent délaissée — les plans banlieues sont là pour nous rappeler que la vérité est plus complexe — par l’État peut développer au fil des décennies une rancune, une haine profonde pour tout ce qu’il représente. Nous avons conscience que ces propos paraîtront « gauchisants » pour certains et pourtant une des réponses est là. Les moralisateurs qui nous enjoignent à la tolérance l’ont compris, mais ils ne vont pas plus loin. Ils pensent que cela est inévitable, que le communautarisme n’est pas réversible. C’est un abandon de leur part alors ils préfèrent se draper de vertu et défendre les opprimés pour garder la face.

Mais ceux qui ne s’intègrent pas sont aussi responsables, ne faisons pas la même erreur que cette gauche paternaliste qui ne voit dans ces individus que des « minorités » et par définition, d’éternels opprimés. Cette gauche est finalement la digne héritière de Jules Ferry. Elle se pose en parangon de vertu, voulant accueillir toute la misère du monde et donnant des leçons de morales aux autres. Cette gauche fait l’autruche quand elle constate que les pays d’où proviennent la plupart des migrants ont des cultures où l’on excise les jeunes filles et où elles n’ont pas le droit d’aller à l’école. Ne l’écoutons plus. Ils vous diront que le problème est bien entendu le patriarcat blanc. Personnage mythique presque mythologique, affublé de mille maux et crimes. L’homme blanc de plus de 50 ans qui accumulent à lui seul plus de destruction que les quatre cavaliers réunis.

Ce qu’il faut en retenir c’est que l’appel à la tolérance est un appel à supporter l’autre que l’on pourrait presque rapprocher d’un acte de soumission. On nous enjoint clairement à ne rien dire là-dessus sous peine d’être ostracisé et de se voir attribuer une étiquette diffamante. Nous ne devons pas tolérer une transformation de notre société en modèle communautariste, car ce n’est absolument pas le socle de la France que nous connaissons. Les personnes qui militent dans ce sens sont des ennemis idéologiques qui veulent transformer la France en un genre de pays anglo-saxon où chaque communauté se cloître dans ses quartiers et où plus personne ne se côtoie. Il faut lutter idéologiquement pour la survivance d’un modèle français, unique.

Bien entendu si demain nous changions pour un régime décentralisé, les particularismes locaux seraient remis en avant, les langues régionales avec. Mais cela ne permettrait pas pour autant l’apprentissage de langue extra-européenne en métropole, les DOM-TOM étant une autre question. Il y a d’ailleurs un travail de confusion fait entre les migrants intérieurs comme les Bretons, les Auvergnats qui allèrent en Île-de-France pour travailler et les migrants actuels. C’est un travail de sape qui repose en partie sur une méconnaissance historique du lectorat et d’autre part sur une volonté de trouver une légitimée à l’immigration massive.

Si l’on devait résumer cela en une phrase avec des termes contemporains, ce serait que la tolérance est une charge mentale pour les populations autochtones. Il n’y a pas d’arguments pouvant justifier une volonté de ne pas écouter les populations locales et de leur imposer des personnes qui ne s’intégreront pas.

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