Le courage

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« Sum pius Aeneas »[1], dit le héros de l’Énéide, pour exprimer cette loyauté sans faille à ce qu’il est. La conscience de son destin et la force de ses engagements s’expriment dans cette affirmation qui est la face, aujourd’hui oubliée, du courage – ce courage qui a déserté la scène publique alors qu’il est la coqueluche des discours à la mode. Où qu’on porte le regard, nul ne le trouvera, et pourtant nos oreilles sont accablées de ces interminables rengaines : il faut du courage ! nous nous devons au courage ! des réformes courageuses s’imposent ! c’est le manque de courage qui perd la France et les Français depuis longtemps ! Ces incantations font oublier ce qu’est le courage. Fortitudo chez saint Thomas, que personne ne lit plus. C’est la forme essentielle du courage que nous devons retrouver et mettre à l’honneur, car sans le courage, qui est résolution contre le désespoir et la paresse, la moralité serait sans effet. Qu’est-ce qu’être courageux, sinon lutter sans détour contre les incertitudes, les stupeurs, les tremblements, les mensonges et les illusions, pour maintenir coûte que coûte la lucidité. In medio stats virtus. Du fond des âges, cette affirmation résonne plus que jamais. D’aucuns appelèrent ce courage l’animositas, ce « désir par lequel chacun s’efforce de persévérer dans son être sous la seule dictée de la raison »[2].

Une longue tradition nous enseigne que le courage, cette vertu qui est la réunion de toutes les qualités requises pour mener sa vie et préserver la liberté de ses compatriotes, est la « partie irascible de l’âme », celle que saint Thomas estimait nécessaire à l’affirmation de soi autant qu’à la grandeur d’âme. Condition de toutes les vertus, le courage n’en est pas moins vertu lui-même, mais son ombre n’est rien sans la lumière projetée sur lui. Au demeurant, le courage est toujours la victoire de l’homme sur lui-même : le courageux est-il un autre que ce héros qui ne faiblit ni n’hésite devant aucune tentation, aucune faiblesse, aucune paresse ? Loin du chemin de la raison, parfois, les émotions et les concupiscences, de toutes sortes, nous attirent et nous leurrent, jouant avec nos peurs et nos difficultés intimes. L’homme qui se montre alors ferme, refuse la retraite et s’affirme fait preuve d’une grande vertu, qu’on a nommé le courage. Ses actes sont autant d’exemples et nous regretterons qu’ils soient désormais noyés dans la parodie qu’on donne de cette belle disposition de l’âme.

L’acte courageux suscite l’admiration, mais pourquoi ? Ce que le courage a d’estimable, c’est qu’il nous met en demeure d’observer un geste qui prend des allures de fin : ce coup de théâtre nous renvoie à notre finitude et ses effets culminent quand le courage conduit au sacrifice de soi. Le risque accepté, encouru pour les autres, indifférent à toutes les motivations égoïstes : là est très certainement ce qui suscite partout l’admiration. Le geste est désintéressé, détaché de soi, car le courageux se met volontiers à distance, pour agir. Cela paraît digne d’estime. Reste que si le courage est la vertu « réussie entre toutes », car sans courage, aucune autre vertu n’est efficace et opérante[3], c’est peut-être que le courage n’est rien sinon le commencement, la condition de réalisation des autres vertus. Avoir du courage, c’est précisément donner des preuves de son courage, effectuer ce « bond » qui entraîne à l’action juste, sincère, modeste, bonne, vertueuse. Le courageux est-il autre chose que celui qui sait « commencer » ?

C’est là que se fonde l’estime dont il jouit auprès des autres, de ceux qui l’observent : le courageux prend une décision qui pose une origine et prépare le jaillissement de l’action. Nul n’est courageux temporairement, ni durablement, car celui qui donne aujourd’hui la preuve de son courage, la donnera-t-il demain ? l’a-t-il donnée hier ? Le courage n’est en rien un trésor qu’on pourrait accumuler, une denrée qu’on pourrait économiser, capitaliser. Aussitôt il arrive, aussitôt il s’en va, car le courage n’existe que dans l’acte initial, dans l’être instantané. Aucune satisfaction n’est possible : le courage n’est pas susceptible de contentement, car il y aura toujours des épreuves à confronter pour éprouver son courage. Dans le silence de l’intention, le courage s’absente, pour ne revenir qu’à l’occasion – car loin d’être une pérennité, une permanence de l’être, le courage n’existe guère en dehors de la circonstance qui le met à l’épreuve. L’homme réputé courageux, c’est celui dont on observe qu’il a fait preuve de courage en de nombreuses occasions au cours d’une période délimitée. Celui qui fait preuve de courage quand cela est nécessaire, voilà le courageux.

Reste que la tradition fait de la vertu morale une moyenne entre deux vices, l’un par excès, l’autre par défaut : le vice n’est donc que l’excès ou le défaut de vertu. Si nous tenons la médiété pour la vraie vertu, quelle place réserver au courage, et pourquoi joindre notre voix à toutes celles qui, souvent, appellent au courage des enfants de France et de Navarre ? En relisant Aristote[4], nous constatons que le courage tient une place particulière parmi les vertus de l’homme, puisqu’elle se tient non entre l’excès et le défaut, mais entre deux excès : la lâcheté, qui est la sensibilité à la crainte excessive, et la témérité, qui est l’excessive intrépidité. Or à bien y regarder, la lâcheté est aussi caractérisée par un manque d’intrépidité, tandis que la témérité associe excès d’intrépidité et défaut de crainte, ce qui peut sembler étranger à la doctrine de la médiété exposée par Aristote. Il ne faudrait pas ici confondre l’apparente simplicité de cet exposé avec ce qui serait une irrégularité du système moral proposé par Aristote. Tout au contraire, cette dissonance invite à l’observation des différents états moraux de la « constellation du courage » ; nous verrons alors que l’ennemi du courage est également le nôtre.

Les vertus antiques s’intègrent comme médiétés entre deux matières. Qu’est-ce que la tempérance, sinon le juste milieu entre la peine et le plaisir ? qu’est-ce que la générosité, sinon le juste milieu entre le don et l’acquisition ? qu’est-ce que la douceur, sinon le juste milieu entre la colère et l’indulgence ? Le courage n’est autre que le point de rupture, le lieu du choix entre la crainte et l’intrépidité. Chacun de ces pôles de référence, de ces extrêmes ont une double matière, comme la médiété, la vertu, car celle-ci est la moyenne de deux extrémités qui, elles-mêmes, résultent de la synthèse d’une lacune et d’un excès et peuvent subsister indépendamment, en tant justement qu’ils sont des extrêmes. En d’autres termes, il faut, avec Aristote, envisager le courage d’après ces quatre points de vue excessifs qui le bordent, car la lâcheté associe à l’excès de crainte le défaut d’intrépidité, car la témérité conjugue au défaut de crainte l’excès d’intrépidité. Il est aisé de déduire un schéma de cette compréhension approfondie des écrits aristotéliciens et d’autres ont essayé avec succès[5]. Il faut bien avoir en tête les deux vices opposés au courage, en ce qu’ils ne sont pas unitaires mais duaux, pour mieux saisir ce qu’il doit être aujourd’hui. La lâcheté et la témérité font l’équilibre du courage, mais reposent eux-mêmes sur les affects de la crainte et de l’intrépidité.

Qui n’a pas arrêté le cours de son action quand, saisi d’une crainte impassible, rien ne semblait plus justifier aucun geste ? Qui n’a pas laissé le cours des événements flatter son intrépidité, l’entraîner à l’irrépressible, à l’incontrôlable mouvement ? Dans l’Éthique à Nicomaque, Aristote nous en dit davantage sur la lâcheté : la crainte est sa nourriture, et le lâche s’effraie de ce qu’il ne doit pas, comme il ne doit pas et quand il ne doit pas[6]. Peu importe que le danger soit grand ou petit, que les périls soient immédiats ou lointains, la crainte du lâche est forte, rapide. C’est le lot des peureux, et l’exemple archétypal est cet être qui s’effraie de tout indifféremment. Parfois le lâche a bien raison de craindre ce qu’il doit craindre, car même le courageux doit savoir craindre « ce qu’il doit craindre », mais la crainte du lâche survient toujours très vite et très vivement. Il ne faut pourtant pas s’abuser : la lâcheté est d’abord un défaut d’intrépidité avant d’être un excès de crainte – en cela, elle est un vice par défaut, eu égard à la vertu conçue comme moyenne entre deux vices, l’un par excès, l’autre par défaut. C’est que l’action du lâche appartient au registre du renoncement, de la défection : même quand il doit affronter la mort, le lâche est un mou qui ne cherche qu’à fuir le danger. La lutte, le combat, l’affrontement ne sont pour lui que des malheurs dispensables.

Reste que le téméraire est l’ennemi du courageux au même titre que le lâche – mais comment les distinguer ? Le téméraire ne connaît aucune crainte et fait preuve d’une intrépidité excessive, il est donc loin de la moyenne de ce qu’il devrait éprouver, d’un côté comme de l’autre. L’excès d’intrépidité est bien sûr l’aspect le plus manifeste de ce vice, ce qui explique pourquoi il est aisé de distinguer l’homme courageux de l’homme téméraire. Ce dernier ne craint ni ce qu’il doit craindre, ni quand il doit le craindre, ni comme il le devrait, parce qu’il ne s’effraie de rien ou si peu, si peu souvent et si faiblement ; on comprendra alors que le courageux s’effraie de ce qui n’inquiète pas le téméraire, qui n’éprouve alors rien de cette crainte nécessaire, de cette crainte que fortifie le courageux dans sa vertu. On s’étonnera ici : dans l’action, le téméraire et le courageux ne sont-ils pas semblables ? n’ont-ils pas les mêmes gestes, les mêmes élans ? Rien n’est moins sûr, comme nous l’indiquait déjà Aristote[7] : souvent le téméraire n’ira pas aux devants des périls les plus redoutables, préférant la dérobade. C’est que le téméraire ne sait que feindre le courage, il ne sait qu’imiter le courageux et se donne les apparences de la vertu en singeant l’intrépidité, cet affect du vertueux dont il n’offre qu’un simulacre. Ce sont des lâches dissimulés qu’il convient d’identifier quand ils s’offrent à nos yeux pour y semer les grains de l’admiration. Il leur manque ce qu’ils désespèrent de copier. Le téméraire est trompeur, mais le premier trompé n’est autre que lui-même, car il sommeille dans l’erreur.

Ce détour par les conceptions antiques du courage n’est pas vain. Il nous permet de constater que le courage est d’abord une question de seuil, de passage, de saut vers l’action. Quiconque est un jour courageux le sera-t-il toujours demain ? Aussitôt l’acte accompli, nous l’avons vu, le courage est à réitérer, à renouveler dans un acte neuf, différent, sous peine de disparaître ainsi que le font les souvenirs. Courage jauni n’est déjà rien qu’une parodie et ne se moque-t-on pas des vieilles lunes, des anciennes gloires ? On ne se peut dire courageux, on se doit de l’être, dans l’instant : l’affaire ne se règle jamais et toujours une épreuve nouvelle se présente. L’intention vertueuse n’est guère qu’une poudre aux yeux, car il n’existe aucune paternité définitive de la création morale[8]. Il ne faut donc s’inquiéter ni de la peur, ni de la crainte, ni de la témérité, ni de l’intrépidité, mais bel et bien du découragement. En d’autres termes, le brave conjure les charmes exercés par la frayeur ou l’ivresse du désespoir, mais il se doit de lutter sans cesse contre l’envoûtement subtil du découragement, de la mélancolie.

Ce sont des poisons qui étirent dans le temps l’impuissance de celui qui manque et de cœur et de rage, du « découragé », car le courageux n’est autre que l’homme qui se rend maître du temps. Reste que l’heure n’est jamais à l’abnégation. Qui ira prendre le temps de s’oublier pour les autres, et quand ? Qui renoncera au souci de soi travesti dans l’idée moite et cotonneuse du soin[9] ? La paresse se maquille en prudence. Être courageux nécessite un effort, un prix à payer, puisqu’il faut risquer, c’est-à-dire courir un risque, s’exposer au hasard, à l’incertain, à l’imprévu, car « ce qui est fait reste à faire », car le courage ne se mesure qu’à la peur éprouvée, à l’effort consenti pour la vaincre. C’est pourquoi le téméraire n’est jamais un courageux. C’est pourquoi l’épreuve de courage a ce parfum d’épreuve initiatique et plus que jamais, nous devons garder à l’esprit que par les temps qui courent, s’obliger au courage, c’est s’obliger à la croissance, à la métamorphose.

Le courage demeure sans victoire. Là n’est pas son objet. Cette vertu ne nous est plus familière, trop habitués que nous sommes à recevoir la « juste récompense » de nos actions réputées bonnes. Le courage éprouve la liberté et la volonté. Pour faire œuvre de courage, il faut déjà vouloir et collectivement, cette volonté manque à nos gouvernements. Ces derniers ne sont plus qu’un théâtre, une comédie lassante : sur les planches, il n’est aucune place pour le courage, car tout y est parodie. Or le sujet réuni en lui-même, pleinement libre et volontaire, doit affronter le saut vers le pouvoir, c’est-à-dire le saut vers l’acte libre et fondateur. « Je veux » devient « je peux », rien ne semble plus anodin, rien n’est si terrible et difficile, car vouloir suffit et ne suffit pas, tout à la fois. La volonté balbutie très vite d’un extrême à l’autre, du plus complet désert vers la plus riche plaine. Nous l’avons dit, le courage est un commencement, car le vouloir « commence par lui-même et revient à lui-même »[10]. Il y a là le seuil d’une décision, d’un commencement, d’une inauguration, entendue au sens de consécration. C’est que le sujet courageux a quelque chose à dire à ses contemporains, pour parler en des termes gaulliens : le courage est la vertu reine dans la cité, puisqu’elle est la condition d’existence de toutes les autres. Le courageux est celui qui refuse qu’un autre agisse à sa place et qui, ce faisant, se révèle comme zoon politikon. Quelle vertu sera plus démocratique ?

Le bien se fait sur-le-champ, sans attendre et toute affaire cessante. S’il doit composer avec le temps, notamment le sien, le courageux ne peut que desserrer l’urgence, car le courageux, plus qu’aucun autre, connaît les choses pour ce qu’elles sont : évanescentes. Le temps toujours menace de lui manquer et lui manque déjà, car tout est à faire et déjà il semble qu’il est trop tard. Au demeurant, nous remarquerons que la volonté bonne, cette volonté que le courageux oriente vers l’acte moral et bon, n’est autre qu’une médiation de la mort, de la finitude, sa compréhension peut-être la plus aboutie – car la tension de l’urgence entretient l’homme dans son exacte complétude. Car ce qu’il convient de faire, le courageux sait qu’il ne doit le céder à personne : il doit le faire lui-même. « On » ne viendra point agir à sa place, et l’acte courageux est ce rendez-vous de l’homme avec lui-même. « Hommes et femmes ne sont, en dernière analyse, que des objets d’échanges »[11] dans l’analyse sadienne de la société : c’est l’inéluctable réduction de l’être à cette valeur d’échange induite par la vision capitaliste du monde. Ces hommes et ces femmes, interchangeables, ne peuvent être courageux, ils sont trop ordinaires, trop réifiés en eux-mêmes. Le courageux se sent concerné et insubstituable. Il a quelque chose à dire à ses contemporains.

Il règne en lui une exhortation à agir et c’est ce que nous nommerons le courage. Cette vibration préserve de l’érosion intérieure et protège de l’entropie démocratique déjà décrite par l’inégalable Alexis de Tocqueville. Rien n’est si généralisé aujourd’hui que le découragement ; c’est surtout visible dans le monde du travail où pour faire oublier que deux siècles de rapports marchands ont avili les hommes, on maquille d’humanisme béat les discours sur le travail, les activités, etc. Tout est si précaire, si « mal assuré » qu’une tension continue s’introduit au plus profond de l’être pour y creuser l’éternelle fissure. La précarité sociale se double d’une précarité morale, puisque toutes les vertus civiques ont subi l’affront d’un désaveu général – et les valeurs, loin de s’effacer derrière l’impossible neutralité du monde social, s’inversent et se renversent. Quelle place pour le courage dans un monde ou le geste doit être rentable, ou l’acte doit être performant ? Qui dit rentabilité et performance dit certitude et prévisibilité. Ce n’est pas que la lâcheté se serait partout introduite, c’est qu’elle est la conduite par défaut de ceux qui jamais n’ont à éprouver leur courage.

Ils ont oublié les enseignements de Bergson : l’intelligence éprouve un indicible malaise quand elle entre en contact avec la réalité mouvante. Le courageux sait qu’il doit concevoir d’après les circonstances, décider et prescrire en forçant sa nature et celle des autres. L’intelligence froide des choses prend part à l’action, mais n’y suffit jamais. Comment pourrait-il en être autrement ? Elle introduit la fixité là où règne l’incertitude et le mouvant. Nul ne dispose de l’avenir. Agir avec courage, c’est oser l’affronter en prenant appui sur l’intelligence et sur l’instinct, ces deux éléments qui coïncident dans l’impulsion vitale. L’intelligence approche les choses du dehors, l’instinct les considère du dedans, de l’intérieur même de la vie. L’intuition courageuse est alors celle qui combine l’intelligence et l’instinct pour donner à la vertu cet élan inaugural nécessaire. Rencontre-t-on pareille qualité chez le tout-venant ? Rien n’est moins sûr. C’est la qualité suprême du chef, celle qui détermine son caractère et son prestige.

Souvenons-nous que le courage est sans victoire. Il ne conduit jamais à l’accumulation, puisqu’il existe dans l’acte et seulement dans l’acte, jamais dans le résultat. D’autres vertus assurent des meilleurs résultats, mais souvenons-nous avec Hugo que l’échec est une illusion. Le courage est à la portée de celui qui voudra déchirer le voile, résister, endurer, tenir face à l’adversité. Agir avec courage, c’est s’ouvrir à l’extraordinaire et nous le savons désormais, les « hommes ordinaires » ont conduit la patrie en ce triste état où nous la trouvons. La France, pourtant, est la terre emblématique du courage. Nulle épreuve ne l’a épargnée et pourtant, longtemps sa gaieté demeura souveraine. Sous la cendre demeurent les braises d’une identité rieuse, grondante. Ceux qui renoncèrent à la tranquillité pour répondre à l’appel du 18 juin 1940 furent de grands courageux, peut-être les derniers héros du siècle. Ils sont nos héros et notre exemple. Ces compagnons n’ont pas mendié leur vie ou leur honneur. Après eux, la France connut le règne des hommes ordinaires, ces hommes de peu. Notre histoire n’est point avare en exemple. Méditons-les, et devenons ce que nous devons être, car l’homme courageux doit « prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait »[12]. Tel homme ne sait jamais s’il améliorera la vie, mais il dépend de lui de l’ennoblir.


 

[1] « Je suis le pieux Énée. »

[2] Spinoza, Baruch de. Éthique, III, 59.

[3] Vladimir Jankélévitch, Les Vertus de l’amour.

[4] Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 1107.

[5] D.J. Allan, Aristote le philosophe, Louvain/Paris, Nauwelaerts, 1962, p. 180.

[6] La philosophie aristotélicienne décline les extrêmes selon les paramètres de la matière de l’excellence : l’objet, l’intensité et le temps.

[7] Aristote, Éthique à Nicomaque, III, 9.

[8] Jankélévitch, Vladimir. Le sérieux de l’intention. Traités des vertus I, Champs-Flammarion, 1983.

[9] Entendu ici au sens de l’éthique de la sollicitude développée par Carol Gilligan.

[10] Jankélévitch, Vladimir. Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien. 3 La volonté de vouloir, Le Seuil, 1980.

[11] Lasch, Christopher. La culture du narcissisme. Norton & Co, 1979.

[12] Hugo, Victor. Les Misérables, XI.

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